Venus du Soudan, d’Erythrée et de Côte d’Ivoire, ils sont plus de 150 000 à être arrivés en Italie en 2016, fuyant la guerre, la pression religieuse, ou simplement dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Parmi eux, beaucoup de femmes et de mineurs isolés. Bloqués à la frontière franco-italienne, ils manquent de tout, dorment dehors par tous les temps et ne mangent plus à leur faim, soumis à une pression policière de plus en plus prégnante qui les pousse à prendre tous les risques pour atteindre la France par la vallée de la Roya dans les Alpes-Maritimes.
Témoins de ces situations insupportables, une cinquantaine d’habitants de la vallée ont fait le choix de l’entraide : héberger les familles, préparer les repas, apporter un peu de chaleur humaine et trouver les chemins les moins dangereux à travers la montagne pour les aider à poursuivre leur voyage. Un engagement qui les mène parfois aux limites de la loi*. Nous avons suivi six d’entre eux.

*Deux habitants de la vallée de La Roya ont comparu, le 23 novembre 2016 au tribunal de Nice pour délit de solidarité. Le 6 janvier 2017, le tribunal correctionnel de Nice a relaxé le premier d’entre eux, Pierre Alain, ingénieur au CNRS, mais le parquet a décidé de faire appel de ce jugement. Le 4 janvier 2017, le procureur a requis pour le second, l’agriculteur Cédric Herrou, huit mois d’emprisonnement avec sursis et la confiscation de son véhicule, ainsi qu’un usage limité de son permis de conduire aux besoins de sa profession. Cette décision a été mise en délibéré au 10 février 2017.